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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 15:14

Etaient présents : Dominique AROT, Doyen de l'IGB, Anne-Marie BERTRAND, Directrice de l'ENSSIB, Marie-Christine PASCAL, Ministère de la Culture et de la Communication (Christophe PAVLIDES, Directeur de Médiadix, animateur des débats).

 

Une question sur l'avenir de la profession dans un contexte et un environnement qui s'est profondément renouvelé. Les bibliothécaires portent une image technique sur leur métier et se posent des questions sur leurs compétences : sont-elles à « jeter » ? à renouveler ?

 

Intervention de AM Bertrand : représentant un organisme de formation, l'ENSSIB.

Comment se font les articulations entre les compétences « classiques » et les nouvelles ?

On est face à une indéfinition du métier : on ne sait pas exactement ce que fait un bibliothécaire. Comme le dit Maurice Meuleau, c'est un « métier incertain ».

 

On peut cependant lister les compétences des bibliothécaires :

  •  
    • techniques : avoir un maximum de compétences en politique documentaire, en gestion des collection, des services à distance ;

    • relationnelles : c'est un métier de services (accueil, accompagnement, médiation)

    • managériales (pour les cadres des bibliothèques) : gérer un établissement, concevoir des projets ;

    • stratégiques : pour les conservateurs,  

  • c'est presque un métier politique où il faut analyser, évaluer les partenaires, les concurrents, l'environnement technique, les évolutions de l'environnement politique, administratif ;

  • où il faut mettre en œuvre des projets

  • valoriser, communiquer, rendre compte.

 

La formation initiale ne suffit pas, il faut se mettre à jour avec une formation continue car le métier évolue beaucoup depuis les trente dernières années.

 

Intervention de D. AROT : cette question sur l'avenir des bibliothécaires n'est pas rhétorique. La profession s'est structurée autour d'un métier. Cette question est constitutive de la profession.

D'autant qu'aujourd'hui avec le contexte de crise, émerge une forte pression sur l'emploi avec la crainte du non remplacement des départs à la retraite.

Les activités traduisant les images traditionnelles des bibliothèques refluent par la multiplication des automates de prêt, par l'amenuisement de l'image du bibliothécaire catalogueur.

 

A l'inverse, l'ensemble des activités sur l'accueil, la médiation se développent. On se rend compte que la signalétique ne suffit plus, il faut plus un accompagnement discret et compétent, la volonté d'aller vers celui qui vient. Cet accueil, cette médiation se font sur place ou à distance (BiblioSésame, Rue des facs...). Les activités se sont renouvelées sur des compétences existantes.

On voit émerger de nouvelles manières d'exercer le métier, notamment autour de la communication. Pour cela, naît le besoin d'apprivoiser des compétences nouvelles.

 

Se développe aussi la formation tout au long de la vie. Dans les BU, une place croissante est faite aux néo-étudiants, cela modère les échecs en premier cycle.

 

Face à ces constats d'évolution, il serait bon aussi d'interroger le cloisonnement fonction publique d'Etat et fonction publique territoriale : les fonctionnaires sont formés à l'ENSSIB, cette distinction entre les deux FP est scandaleuse. Cette rigidité statutaire devrait être revue pour s'orienter vers un va-et-vient de carrière.

 

Intervention de Marie-Christine PASCAL, missionnée au sein du SLL sur la question des bénévoles en bibliothèques.

 

Rappel historique : l'année 2011 a été déclarée « année du bénévolat et du volontariat » par l'UE. En 2010, Frédéric Mitterrand faisait 14 propositions pour le développement de la lecture.

Dans les rapport rendus, étaient posées les questions suivantes :

  •  
    • que font les bénévoles ?

    • Quelle est leur image auprès des salariés ?

    • Quelles sont les évolutions pour le bénévolat ?

 

Dans les réseaux des BDP, le bénévolat a une place de choix : au moins 52 000 bénévoles soit 84% des personnels qui gèrent les bibliothèques ; 1/3 de ces personnels sont qualifiés. Il faut aussi compter 2200 bénévoles dans les communes de 100 à 200 000 habitants. Les communes de plus de 200 000 habitants ne comptent pas de bénévoles en bibliothèque.

Le bénévolat associatif réunit 19 000 bénévoles.

Au total, en 2010, ce sont 73 000 bénévoles (contre 36 300 agents territoriaux en 2008).

 

Dans les communes : dans au moins 70% du réseau des BDP travaillent des bénévoles.

113 communes de 10 à 100 000 habitants « emploient » des bénévoles

2 communes de 100 à 200 000 habitants « emploient » des bénévoles.

 

Quels sont les champs des compétences des bénévoles dans le réseau des BDP ?

  •  
    • gestion de bibliothèque (acquisition/ désherbage/ prêt-retour/ conseil/ animations dans et hors les murs)

    • parfois aussi responsabilités des structures.

Dans les grandes associations (ATD-Quart Monde, Lire et Faire lire), les bénévoles n'ont bien sûr pas de mission de gestion de bibliothèque. Leurs actions concernent les actions de médiation (lectures hors-les-murs : au domicile des enfants, dans les rues, dans les écoles). Ces actions permettent de touchés des publics en difficulté, des publics en prison, les gens du voyage.

 

Pour conclure, les bénévoles devront faire preuve de polyvalence (dans les BDP) ou se spécialiser avec des fonctions de médiation, tels des « bibliothécaires ambulants » (au sein des associations).

 

Intervention d'AM Bertrand : plusieurs métiers co-existent au sein des bibliothèques : techniques, juridiques, communication, action culturelle. Ces métiers sont exercés par des personnels différents, avec parfois des fonctions externalisées. De même, les conservateurs ont parfois plusieurs missions : à la BPI par exemple, ils travaillent aussi dans le domaine de la recherche ou de l'action culturelle.

 

Intervention de D. Arot : l'IGB travaille à la définition des métiers et des emplois dans les bibliothèques. Une enquête sur le devenir des emplois est menée : faut-il autant de bibliothécaires que de conservateurs ? Que faire des catégories C ? L'état de l'existant fait montre de 36 000 personnels statutaires. L'enquête doit saisir les tendances d'évolutions en termes de personnels.

Avec le bénévolat, les bibliothèques entrent plus dans leur environnement social. Les bénévoles se font les relais pour conquérir des publics éloignés (ados, seniors) via les associations.

 

Intervention de MC Pascal : il est important de faire se rapprocher les bénévoles et les salariés par le biais de formations communes, de partenariats. Les bénévoles sont bien des créateurs de liens sociaux entre les bibliothèques et le public.

 

 

Pistes d'évolutions :

  •  
    • pour les associations : maillage du territoire plus complet, meilleure communication dans la structure communale, cadrage formalisé (création d'une convention du bibliothécaire bénévole).

    • Pour le bibliothécaires bénévoles : défraiements déplacements, cadre de travail (Charte de 1992 à revoir), meilleure connaissance de leurs droits

    • Pour les bibliothécaires : évolution : davantage d'humain ; mettre le lecteur au cœur du métier ; volonté de travail en partenariat de projet, l'Etat reste un partenaire important.

 

De cette intervention, plusieurs éléments sont à critiquer :

il est étonnant de constater que des représentants du MCC tirent des conclusions décalées de l'environnement actuel des missions menées par les bibliothécaires. Dire qu'il faut mettre le lecteur au cœur du métier est une lapalissade et c'est un fait que chaque bibliothèque a pris conscience de cela il y a bien longtemps.

Par ailleurs, malgré les dires rassurants de D. Arot, nous sommes légitimement en droit d'être inquiétés de l'avenir des catégories C dans les établissements culturels publics : force est de constater que souvent, par économie, les collectivités territoriales préfèrent engager un adjoint du patrimoine à mi-temps et lui associer un bénévole.

Certes, il est clair qu'il faudra toujours des bibliothécaires dans les bibliothèques et que leurs missions doivent se diversifier, mais il serait bon aussi de valoriser le personnel qualifié dans les bibliothèques afin de donner un véritable cadre au métier. Le bénévolat a bien sûr sa place dans ce milieu mais ne doit pas prétendre supplanter les personnels salariés.

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commentaires

cathy 31/03/2012 10:18


Ta pensée sur cette conférence mérite vraiment d'être diffusée très largement.